Errances d'encre - A la dérive du marais

Errances d'encre - A la dérive du marais
Rachid Douiou

Abstract

Une feuille blanche, innocente, magnifique. Pure… un écrin de neige éternelle.

(…) Qu’est-ce qu’une fleur, une herbe, un oiseau ? Une forêt, une rivière, une saison ? Qu’est-ce que l’on rêve d’admirer ces regards éphémères où l’âme se plaît à ranger ce qui lui est beau : plantes, oiseaux, couleurs, femmes, … instants volés dans la grande besace du temps ? Qu’est-ce que je cherche et que cherchons-nous ? Rien.
(…) Longues marches parmi les arbres de la forêt, au fond des vallons, par les sous-bois troués de lumières farceuses. Longues fatigues propices à la survenue de toutes les surprises. Longues rêveries où la vie « sérieuse » dépose ses oripeaux menteurs, où la mémoire déballe des trésors imprévus.
L’expression poétique - l’espace, la lumière et les couleurs - est toujours accompagnée de la pensée : elle devient signe et prend forme, et la pensée elle-même se cache derrière : poésie subtile et beauté mystique. Dans cet espace, les couleurs brillent de leur propre éclat, sans emprunter leur luminosité à une source extérieure.
Je ne vise pas à représenter le monde tel que je le vois directement autour de moi, dans l’isolement. Dans les pays islamiques, l’art s’est toujours privé d’un naturalisme absolu. Selon la conception religieuse, l’art n’est qu’une méthode pour ennoblir la matière et rendre évidente la Beauté Divine. "Dieu est beau et Il aime la beauté", dit le Prophète Mohamed de l’Islam.

Simple et vigoureuse, cette expression d’errances et d’espace s’offre à l’esprit comme un paradis plein de lumière et, surtout, dénuée d’ombres. Dans ces paysages, chaque être est un archétype d’essence subtile, qui ne prend vie que dans l’imaginaire, ce doux sentiment, après trente années d’éloignement.

Ainsi, la perception du monde, malgré sa brutalité, s’effectue d’une manière correspondant à une expérience intérieure en rapport avec la lumière extérieure.
La lumière et la couleur sont décrites comme la manifestation du monde d’en-haut dans le monde d’en bas. Ce désir d’être libre, de répondre aux exigences profondes de ma personnalité, découlant d’une confiance illimitée dans la variabilité et l’universalité de la vie, me semble tout à fait suffisante. Je me livrais, pur de tout préconçu ou préjugé, à la contemplation de la divinité. Je ne veux pas ligoter l

Author

Originaire des Hauts plateaux steppiques du Maroc Oriental, le 05 janvier 1961 à Taza, sur les contreforts du Massif de Bouiblane, j’ai fait mes études primaires à la campagne chez mes grands-parents, modestes fellahs. Ensuite, ma famille est venue s’installer dans des forêts de l’Atlas. Je n’avais que 7 ans. Je me souviens de toutes les montagnes et de nos postes forestiers (les leurs) qui se situaient loin de tout. J’ai parcouru plusieurs saisons en migrateur de maison forestière en maison forestière, sans jamais me sédentariser. J’ai passé mon baccalauréat, dans une ville maudite, dans un internat. Je pensais qu’en étant étudiant, je pourrais vivre confortablement et, en plus, investir dans l’écriture. Mais j’ai échoué. Je m’adonnais à l’écriture, seul dans ma chambre au grenier. J’ai suivi des cours de journalisme politique, mais j’ai abandonné. Heureusement d’ailleurs, car cela m’a permis de m’orienter vers mon vrai destin qui était le tourisme. Par la suite, j’ai obtenu mon diplôme de Etudes en Tourisme pour ne jamais m’être un pied à terre. Puis, j’ai embrassé la carrière de Gestionnaire Cynégétique. Bien que j’aie très tôt adoré l’écriture. … J’ai donc conclu qu’il me faudrait faire preuve de passion, d’amour et de persévérance pour surmonter les difficultés et atteindre mon objectif. Depuis beaucoup d’errances, je me suis enfin installé à Agadir avec ma fille. J’ai le pied enchaîné par la pensée de mon enfant, n’imagine plus désormais de liberté. Rester soi-même et devenir autre. Devenir un autre soi-même. Là, j’ai accouché de mon œuvre poétique.

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