Musique et transmission à la lumière des sciences cognitives
Consacrer un ouvrage aux recherches sur la transmission de la musique permet d’aborder la musique à partir de domaines aussi variés que la musicologie, la psychologie cognitive, l’interprétation musicale, les neurosciences ou les sciences de l’éducation. S’il semble bien difficile de présenter la multiplicité de regards portés sur cette thématique dans un seul volume, il est au moins possible de présenter la richesse d’une perméabilité transdisciplinaire certaine.
Dans le domaine de la musicologie, un changement de paradigme a vu le jour lorsque dans les années 1990, elle a commencé à s’intéresser à l’étude de l’interprétation dans le contexte anglo-saxon des _performance studies_. Cette nouvelle orientation systématique d’une discipline jusqu’à là, principalement centrée sur l’étude des textes musicaux, a impliqué une nouvelle réflexion sur la musique. Parallèlement, les sciences cognitives se sont en grande partie, intéressées à la perception de la musique et à ses effets sur l’auditeur que ce soit au niveau de la reconnaissance des éléments musicaux (hauteur, rythme, harmonie, etc.), au niveau émotionnel ou au niveau des aspects audio-moteurs (mouvement induit par la musique). La culture occidentale a véhiculé et véhicule toujours une vision dualiste de l’être humain et même du monde avec d'un côté, le monde matériel de la physique et de la biologie, et de l'autre, le monde immatériel et mental de la culture et de l'art. Les sciences cognitives ont commencé à remettre en cause ce dualisme qui est à la racine de la division entre les sciences humaines et les sciences de la nature et en particulier, les théories de la connaissance.