Mourir en société(s)
Mourir est commun aux Hommes. La mort, inéluctable, mystérieuse déploie parfois son chant du cygne. Qui sait ? Le mourir réclame des enseignements : ceux du bloc opératoire, des directives anticipées, du conteur, du citoyen, du musicologue, du parent qui perd l’enfant. Ce livre consacre quelques voix pour que l’épilogue fraie son chemin, que l’indicible, de l’hôpital à la maison gagne en (re)connaissance telle que l’écrit l’écrivain Guéorgui Gospodinov : « _Je suis resté ainsi une ou deux minutes, me suis levé, j’agissais presque machinalement, j’ai posé la main sur son front, il m’a semblé commencer à refroidir, je ne savais pas si c’était possible que ce soit aussi rapide. [...] Je devais lui fermer les yeux. [...] Pourquoi personne ne nous apprend que faire avec la mort des autres ? Pourquoi personne ne nous apprend comment on meurt, comme mourir, nous ?_ » (Extrait. Le jardinier et la mort, Gallimard, page.103).
L’ouvrage collectif Mourir en société(s) apprivoise un peu l’ouragan qu’est la mort, à partir de plusieurs horizons, de soignant, savant, scientifique, sociologue, linguiste, enquêteur, juriste, philosophe, chercheur. Les discours sur la mort sont décryptés, pris au sérieux, regardés de près, interrogés. Depuis le principe essentiel d’attachement et d’accordage, les vulnérabilités humaines sont traquées, non en ce qu’elles entravent, mais en ce qu’elles instruisent sur la nécessité qu’il y a à dire et connaitre le mourir. La loi française patiente, des vues complémentaires s’imposent. Nous tous en société(s) forgeons la profondeur du partir, qui se doit d’être appréhendée et non reléguée au seul seuil de l’intime. Fusse-telle singulière, la mort fait société.