Le Poète
Je remonterai le fleuve transfiguré
Jusqu’au grand temple du Dieu-Lumière
Nimbé de soleil sur sa crête sacrée
Nul n’ignore l’ardeur de ma prière
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Je me ploierai à la cime d’un flamboyant
Parfumé des plus mûrs pétales de rebis
Dans l’incendie de son feuillage rougeoyant
Parmi les gerbes d’escarboucles et de rubis
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Et dans cette ébullition chantante
Attisant de mes ailes les étincelles
De mon aire héliaque érubescente
Je m’offrirai en holocauste sur l’autel
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Pour que les mains du feu m’apportent l’onction
Et trempent mon âme dans la décoction
Que celle-ci subisse la rubification
L’incarnation, la réincarnation
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Car ce sont les ailes du feu qui m’engendrent
Et je peux quitter mon corps pour le reprendre
Ouvrir les portes de l’Enfer, y descendre
Mais toujours, je ressusciterai de l’ascendre
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Je suis le treizième chevalier
Le sublime serpentaire, l’orant igné
J’éploierai sur la croix brasillante mes flammailes
Pour y clouer mon immortelle étincelle.